Départ pour la SOMME et le PAS-DE-CALAIS.
1 /6 : Départ, embarquons à TOUL
(46-C3), débarquons à AILLY Sur Somme (9-E4),
à l'ouest d'AMIENS. Cantonnons le soir du débarquement à PIERREGOT (9-F3).
Là commence le repos.
19 /7 : Départ en autos jusqu'à VAUDRICOURT
: Pas de Calais (3-E4), Sud Ouest
de BETHUNE.
25 /7 : Départ en autos, cantonnons à AGNEZ
les Duisans (10-A1).
27 /7 : Départ, cantonnons à DUISANS (10-B1).
28 /7 : Je suis de service en petit poste.
29-30 /7 : Repos à DUISANS (10-B1).
31/7 : Départ pour les tranchées : 4km de boyaux.
Bonne relève : Relevons le 138éme.
1/8 : Date à laquelle nous avons été mobilisé,
dire que voici un an que je ne me suis pas déshabillé, et encore si
la fin de la guerre était proche ?? Nous voici pour 9 jours de tranchées
devant ARRAS, légèrement à gauche devant ROCLINCOURT (10-B1),
devant nous et légèrement à gauche CHELERS
(10-A1). Labyrinthe à la droite. Les 4 Vents
(10-A1), seulement quelques maisons.
2/8 : Nuit assez agitée : 1 tiraillement, à
3h du matin une mine saute à notre gauche suivie d'une bonne fusillade.
Quel tremblement, tout remue, enfin le calme revient.
3/8 : 2h du matin : Corvée de soupe, soir :
Marmitage.
4/8 : 2h du matin : Corvée de soupe. Toute
la journée : Marmitage. Ce soir petite relève, y paraît que l'on
mine dessous nous. Ce matin au petit jour, les Boches ont fait
sauter une mine. 10h du soir, les Boches attaquent à gauche jusqu'à
minuit.
5/8 : ALERTE : D'après des tuyaux, plutôt par notre service
d'espionnage et les avions, les Boches ont concentré de grosses forces
devant nous. Les Boches veulent attaquer la 10ème Armée. 1h du
matin : Contre attaque à gauche, une deuxième au petit jour. La
journée passe. Bombardement, la nuit arrive, une fusée à été
lancée des premières lignes Boches. Aussitôt part un chien blanc chassé
par des pierres, ce pauvre animal court vers nos lignes, saute le parapet
de la tranchée. Les hommes ayant suivi cette opération, l'attrape
: Porteur d'un collier, un billet y est attaché. Le chien est amené
au Colonel . Il nous avait été envoyé pour nous annoncer la prise de
VARSOVIE avant la nuit. Les Boches chantaient la nuit tombante,
on entend sur notre droite des cris : Hourrah, les fusils pètent, le
canon gronde, les Boches attaquent devant nous. 2 sont déjà sortis,
les marmites éclatent à 3 ou 4m de nous . Les fusants nous aspergent.
L'alerte est donnée, nos 75 ouvrent la danse, la fusillade diminue
une 1/2h après, l'attaque est enrayée. Quelle mauvaise nuit nous avons
passé. Déjà la nuit dernière ils voulaient attaquer. 10h15 du
soir, même répétition, la fusillade commence à coté de nous à droite.
Ce coup là l'attaque va t-elle réussir ? On voit qu'une flamme, triste spectacle,
mais nos batteries ont été averties : Toutes crachent à la fois. L'attaque
à encore échouée, enfin que va t-il encore se passer ? La nuit est noire,
GARE au petit jour, on peut s'attendre à une attaque ?
6/8 : 4h ce matin 6 Août : Rien à partir de minuit, la nuit
à été assez calme, quelle fusillade, sans activité. Pour moi, ces 2
espèces d'attaque étaient faites pour nous exprimer leur contentement
dans la victoire de VARSOVIE. Ce matin il y avait des panneaux
sur leurs tranchées où ils avaient écrit : VARSOVIE prise.
7/8 : Grand bombardement depuis7h jusqu'à la tombée de la
nuit. 7h ½, petite relève, le temps est pluvieux, quelle boue pour aller
chercher la soupe demain matin.
8/8 : Nuit noire, le vent souffle, la nuit est agitée, un
grand bombardement est à gauche, il doit y avoir attaque chez nous,
tiraillements. 1h1/2 , corvée de soupe.
9/8 : Aujourd'hui le bombardement a été moins violent, quoique
étant bombardés presque toute la journée. La nuit arrive, les
avions Allemands et Français ont survolé toute la soirée en un combat
aérien. 9h du soir : La terre tremble, une grande détonation,
aussitôt tout pète à la fois : fusils, canons etc. On se croirait en
plein jour. Les Boches nous ont fait sauter, la mine se trouvait
un peu à notre gauche, nous sommes couverts d'obus et de balles.
20 minutes s'écoulent, le calme reprend heureusement. La mine
n'a fait aucun dégât. A minuit, attaque à gauche, à 1h1/2 corvée de
soupe.
9/8 : Le bombardement a été moins intense, il y a 9 jours
que nous sommes dans les tranchées, nous devions être relevés ce soir,
à présent c'est demain soir soit 10 jours au lieu de 9. La nuit arrive.
10/8 : Nuit calme, orage, il pleut. 2h1/2 : Corvée de soupe.
Les boyaux sont sales et pleins d'eau. Journée calme. Ce
soir relève pour aller au repos et vivement car les poux nous rongent.
La relève est faite, arrivons au jour à HAUTEVILLE (10-A1).
11/8: J'ai sommeil voilà la 11ème nuit que
je ne dors pas bien. Je m'endors sur la route. A la 3ème pose
je me suis endormi, je suis tellement fatigué que mes jambes
n'en veulent plus. Enfin après 25 kilomètres au moins,
on arrive. Il fait jour, on mange un peu, l'on se couche.
12/8 : Repos. Ce soir revue par le commandant pour les cantonnements.
13/8 : Corvée de lavage. Ce soir revue d'équipement, pas
une minute tranquille.
14/8 : A midi je prends le service à un petit poste pour
24 heures.
15/8 : Relève à midi du poste.
16-17-18/8 : Repos. Le départ pour les tranchées approche.
19/8 : Départ pour les tranchées à 2 heures. Le temps est
mauvais, le canon à grondé toute la nuit et une partie de la matinée.
Je crois que les Boches veulent tenter quelques coups. Nous relevons
sans encombre. Quels tiraillements toute la nuit ? Les canons tonnent
un peu, tout cela se passe un peu à notre gauche, du coté du 107ème,
ils auraient essayé de lancer des gaz asphyxiants.
20/8 : Matinée assez calme, la nuit arrive, la fusillade
commence comme par le passé.
21/8 : Le temps est pluvieux, une pluie fine par rafales,
mais les boyaux sont vite secs (à peine détrempés) Le canon tonne à
gauche au 78ème . A7h, petite relève, 11h du soir, il doit y avoir une
attaque à gauche.
22/8 : 1h 1/2 Je pars en corvée de soupe. Journée calme.
Ce soir à la tombée de la nuit 4 avions Boches survolent nos lignes.
La nuit a été assez calme.
23/8 : 1h ½ corvée de soupe aujourd'hui. Le bombardement
est moins grand que les jours précédents, la nuit est assez calme.
24/8 : 1h du matin, corvée de soupe. Ce soir je vais en première
ligne, petite relève 2 jours.
25/8 : Nuit assez calme ainsi que la journée.
26/8 : Nuit calme. Nos75 ont battu les tranchée Boches. Nuit
claire quoique un peu fraîche. Il est 10h du soir, on vient de m'avertir
que je partais en permission. Encore 5h à rester dans les tranchées.
Vivement 3 heures que je parte respirer l'air pur de l'arrière. Encore
1h à rester ici. Vivement 3 heures et la fuite dans les boyaux, quelle
chaleur dans les tranchées ?
27/8 : 3 heures du matin : Je pars à ETRUM (10-B1)
(62), versé tout. 8h ½ du matin, prenons à la gare
de SAVY Berlette (10-A1) (62). Arrivée
à 10h ½.
28/8 : Départ du train à 2heures du matin. Passons à ABBEVILLE
(9-D2), AILLY sur Somme
(9-E4), AMIENS (9-F4),
Arrivée à St JUST en Chaussée (21-F2) (60)
à 11h du matin. Départ à 4h1/2 (tantôt), quelle pose et quelle chaleur.
Arrivons à ACHERES (41-O1) (78),
Changement pour les autres régions sauf 12éme. Changeons à JUVISY sur
Orge (41-F3) (91), ISSOUDUN (92-B2)
(36). Je demande à un soldat du 90éme s'il connaissait THOREAU
Armand et parti sur le front. CHATEAUROUX (92-A3)
(36) ½ h d'arrêt.
29/8 : La SOUTERRAINE (105-O2)
(23) à 1h du matin, arrivée à St SULPICE Laurière (105-D4)
(87) à 2h, départ à 3h1/2 , arrivée à 4h 20, départ à 5h
20, arrive à St CLAUD (103-E4) (16) à 8h
½ du matin.
(FIN du carnet N° 2 :
Bleu)
1ére PERMISSION
Passée à St CLAUD du : 29/8 au 4/9/1915.
4/9 : Fin de ma permission. Tristesse, il faut encore repartir.
Départ de St CLAUD (103-E4) à 7h.
Arrivée à ROUMAZIERRES LOUBERT (117-F1)
à 7h1/2, départ à 8h, arrivée à LIMOGES (118-C1)
à 10h 1/2, départ à 11h 35.
5/9 : Arrivée à St SULPICE Laurière (105-D4)
(87) à 2h du matin. Je couche dans un wagon. Départ à 8h
35, arrivée à VIERZON (78-A4) (18)
à 3h, départ à 4h 20, arrivée à St JUST en Chaussée (21-F2)
(60) à 10h du soir.
6/9 : Départ à 4h30, AMIENS (9-F4)
à 6h.
7/9 : Arrivée à SAVY
Berlette (10-A1) (62)
à 5h, arrivée à ETRUN (10-B1)
(62) à 9h. Départ demain pour
les tranchées.
8/9 : 1h 1/2 : Départ avec la cuisine pour les tranchées.
Aujourd'hui le bombardement est assez violent, la nuit arrive, le tiraillement
commence, et combien toute la nuit ?
9/9 : Ce matin les Boches nous envoient des grenades (quelques
blessés), nuit mouvementée.
10/9 : Bombardement. Soir combat d'avions. 5h, un avion Boche
est au dessus de nos lignes à une très faible hauteur, nous tirons pour
rien faire. 7h une mine Boche saute devant nous sans effet pour nous.
Nuit mouvementée, les Boches battent nos tranchées, que veulent ils
faire toute la nuit ? Grenades tombent sur nous. A 1h 1/2 : Alerte,
les Boches ont l'air de vouloir attaquer. Une attaque est déclenchée
à notre droite, enfin le jour arrive sans rien.
11/9 : Le bombardement a été moins violent. Je suis relevé
ce soir à 6h 1/2 , soit au petit repos pour 2 jours, pour faire les
corvées des soupes de ceux qui nous ont remplacé. 5h 1/4 soir à 5h 1/2,
petite relève. Avant de partir les Boches nous font sauter 2 fois, soit
2 mines en 1 seconde d'intervalle de chaque coté de nous. Cochons de
Boches, ils s'y prennent de toutes les façons pour nous tuer. La nuit
passe.
12/9 : 1h 1/2 : Corvée de soupe. Journée : Bombardement,
nuit : assez agitée.
13/9 : 1h 1/2 : Corvée de soupe. Journée : Bombardement,
soir 6h 1 /2 : Relève pour aller en 1ére ligne, vers minuit une mine
saute à notre gauche, lutte de grenades et bombes. Le petit jour arrive,
le temps à l'air changé, quelques gouttes d'eau détrempent le sol.
14/9 : Les Boches nous saluent par un petit bombardement
cette nuit, il y a 2 tués et 1 blessé dans les sapins à coté de nous.
Journée de bombardement, nos avions survolent les lignes Boches à une
faible hauteur, la nuit arrive. Toute la nuit ils nous lancent des grenades
et des bombes.
15/9 : La soupe arrive. Nous sommes relevés ce soir, plutôt
nous y comptons, car il se prépare quelque chose, vivement la relève
pour que nous sortions un peu respirer, et se nettoyer. La relève arrive
à 10h.
16/9 : Repos à NOYELETTE (10-A1)
(62).
17-18-19/9 : Repos.
20/9 : Repos, on entend le bombardement, l'heure approche.
Gare aux têtes, quelle retraite pénible. Paraît-il que le 63ème ouvre
la marche en avant. Pauvre 63ème , triste régiment. Jour et nuit notre
artillerie tire. Les permissions sont suspendues, mauvais signe, enfin
vivons toujours dans l'espérance, la destinée est là et pour beaucoup
c'est la santé, résignation.
21-22-23/9 : Repos, le départ approche, le canon gronde,
le grand coup se prépare. Nous partons à 1h du matin. Le temps est mauvais,
nous allons jusqu'à DUISANS (10-B1) (62),
arrivons à 3h, couchons sous les arbres, il pleut, il fait froid.
24/9 : Nous partons à 9h pour attaquer : TRISTESSE. Jour
mémorable, dire, sans cette gueuse de guerre, je serais libéré aujourd'hui
et c'est au contraire l'offensive. Pauvres fantassins que nous sommes,
malheureux. Arrivons aux tranchées. A1h allons directement à notre emplacement
à demain, où dans quelques heures il faudra franchir le parapet. Le
canon tonne, toutes les batteries tirent, on ne se voit plus dans la
fumée. Il est 8h, on ne sait pas au juste l'heure de l'assaut. Parait
que c'est de 9h à 12h. Encore quelques heures à vivre. Il est 11h, encore
rien, nous sommes comme fous. L'ordre arrive de se tenir prêt à monter,
l'heure de l'assaut est fixée à midi.
25/9 : Les Boches tirent autant que nous, nous sommes perdus,
dire qu'on nous avait dit qu'on ne recevrait pas un coup de fusil ni
coup de canon. L'heure approche : Midi, -20 encore, 5 minutes, plus
que 2, EN AVANT : Vision terrible, spectacle affreux, c'est une boucherie,
les Boches tirent et font un tir de barrage, les vagues sont fauchées
à mesure qu'elles sortent, nous nous mettons en batterie au bout de
la sape (20) dans un trou d'obus. Le Sergent à été contusionné par un
obus, le Caporal a été tué d'une balle explosive, pauvre copain, mon
Lieutenant est blessé a la main. Les Boches veulent sortir, nous tirons,
ils sont sur trois rangs, c'est une boucherie, une tuerie. Nous allons
jusqu'aux 4ème lignes Boches. Il faut se replier, le renfort ne vient
pas, nos deux pièces restent à l'ennemi presque avec tout son personnel.
Quelle journée, il faut encore attaquer à 6h ½ . Le 17ème corps qui
était à notre droite a refusé de marcher le lendemain.
26/9 : Le 78ème attaque, nous le renforçons, à 6h nous attaquons
encore les tranchées, les nôtres sont toutes écrasées, nous sommes à
decouvert.
27/9 : Il faut encore attaquer, il faut donc tous y passer,
il pleut, nous sommes dans un état pitoyable, sans manger de 3 jours,
j'ai soif surtout.
28/9 : au matin le 78ème nous relève. A 8h du matin, il faut
presque passer en terrain découvert. Les Boches nous voient, arrivons
à GOUVES (10-A1) (62). Vers 4h nous
couchons.
29/9 : Allons à MONTENESCOURT (10-A1)
(62). Le régiment est anéanti complètement, plus un officier,
nous avons au moins 1500 morts, blessés, disparus.
30/9 : Repos.
1/10 : Nous allons probablement partir ce soir pour nous
reformer. Partons à 4h1/4 pour BEAUFORT Blavincourt (10-A1)
(62).
2/10 : Repos.
3-4/10 : Repos BEAUFORT.
5/10 : Nous partons à 1h ¼ pour les tranchées, il pleut,
l'eau nous à accompagnée jusqu'à ETRUN (10-B1) (62),
nous sommes mouillés des pieds à la tête, heureusement que j'avais mon
caoutchouc, il n'y avait que mes jambes qui étaient mouillées, les boyaux
ne sont pas praticables : Trous sous trous ; Enfin nous relevons le
78ème non sans peine, beaucoup d'entre nous se sont perdus, la nuit
passe, il fait froid, nous sommes couverts de boue.
6/10 : Les Boches bombardent dur, la journée passe, la nuit
arrive, le tiraillement commence.
7/10 : Les Boches tirent toujours qu'avec les grosses pièces.
Je suis relevé ce soir pour aller à la corvée de soupe pendant 3 jours.
La relève arrive assez tard, enfin les Boches sont à peu près sages.
Nous arrivons au gourbi de repos.
8/10 : Corvée de paille même pour les mitrailleurs tombés.
9/10 : A 1h ½ , corvée de soupe.
10/10 : Jour de mon anniversaire, mes 23 ans sonnent. Ce
soir je monte en 1ère ligne à 8h1/4. Les Boches attaquent à notre droite,
ses fusils pètent durs, les Boches nous couvrent d'obus, (choc gros),dire
que c'est à cette heure que je suis né, vraiment les Boches me font
une belle ovation, le calme revient.
11/10 : A 1h, soir, on vient nous dire qu'on attaque à notre
gauche à 4h (position), le bombardement commence à 2h, nous avons ordre
de faire un simulacre, gare aux marmites, Cela ne manque pas, les boches
nous aspergent pendant toute la nuit.
12/10 : La journée à été assez calme. Ce soir nous sommes
relevés pour aller à la soupe, peu en jours (
?), à présent il faut faire 14 jours de tranchées, les poux
nous rongent, nous n'avons même pas pu nous changer avant de monter,
certains de mes camarades, n'ont pas changé depuis prés d'un mois ;
Pendant la relève, une attaque se déclanche à gauche.
13/10 : Corvée de soupe.
14/10 : Corvée de soupe, ce soir, en 1ère ligne, nuit assez
calme.
15/10 : Ce matin, brouillard intense, la journée à été assez
calme, quelques rafales d'artillerie, la nuit approche. Nuit : Tiraillements,
il fait froid.
16/10 : Ce matin un brouillard épais s'élève, ce qui rend
l'atmosphère frais. Voici l'hiver. Soirée de bombardement. 7h du soir,
à notre gauche, combat à la grenade.
17/10 : Nous sommes relevés ce soir, journée assez calme,
vivement la relève. 6h1/2 , une mine saute à notre gauche. 8h, voici
la relève, arrivons à ANZIN St Aubain (10-B1)
(62), 9h1/2 à NOYELLETTE (10-A1) (62)
où nous y cantonnons à 2h. Nous nous couchons à 3h, il fait froid, grand
brouillard.
18/10 : Repos, il faut se changer car les poux nous rongent.
J'ai touché une paire de pantalon (non sans besoin), je viens de changer
de caleçon, cravate, chaussettes, chemise, flanelle, pantalon : Que
je suis à mon aise. Point pour longtemps, car une nuit dans la paille
et voilà les poux revenus.
19-20/10 : Repos.
21/10 : Repos, à 3h ½ , revue d'armes et du matériel.
22-23/10 : Repos.
24/10 : Repos, à 6h 45 tir. 25/10 : Repos.
26/10 : Nous devions partir aux tranchées ce soir, mais je
ne sais pour quelle cause qu'on ne part pas, demain on doit aller au
tir. Les canons tonnent, il doit y avoir une attaque. Il fait froid
" Misère ".
27/10 : Repos. Comme il pleut, nous n'allons pas au tir,
nous devons partir aux tranchées demain matin : Départ 3h 45. La nuit
arrive.
28/10 : 2h debout, soupe à 3h ½ , il pleut , triste relève,
enfin il faut partir, nous ne sommes pas à la caserne, l'eau ne nous
quitte pas, un moment d'accalmie entre ANZIN St Aubin (10-B1) (62) et
la route de LILLE. Les boyaux sont sales, rien de surprenant, je vais
au gourbi de repos pour 3 jours. J'écris à mes pauvres parents : 1,
pour les consoler et puis 2, pour leur demander une paire de guêtres.
Nuit assez calme. Demain matin, corvée de soupe. Les boyaux sont impraticables,
il pleut.
29/10 : Corvée de soupe (pénible). Soir : combat à la grenade,
la nuit arrive.
30/10 : Corvée de soupe, journée de bombardement. 5h : nous
montons en ligne. Bonne relève, il était temps, le bombardement reprend,
la nuit est assez calme. A minuit on occupe un entonnoir.
31/10 : Quel bombardement ? toute la journée, la nuit arrive,
faibles tiraillements, voici le jour.
1/11/1915 : Grand jour de fête, malheureusement pour nous,
bien petit, jour pourtant mémorable, de souffrance et angoisses, que cette triste
journée, jour de tristesse pour les pauvres familles, de ceux qui sont
tombés si courageux avant. La journée dans son ensemble a été assez
calme, la nuit tombe, il pleut, les tranchées s'écroulent et sont impraticables,
il faut le voir pour le croire. Le jour arrive.
2/11 : (Jour des morts) dire qu'ici c'est tous les jours,
vraiment aujourd'hui tout le monde devrait être sage, il pleut et les
obus tombent. Triste jour, que de pleurs sont versés aujourd'hui. Nous
sommes relevés ce soir, comment circuler dans les boyaux ? : 50 centimètres
d'eau (et de boue principalement). Voici la relève (relève pénible).
On s'enfonce jusqu'aux genoux, on ne peut ni avancer ni reculer. Quoi
faire ? Misère sur misère : La paix !! Dire qu'ils y en a qui sont si
heureux et d'autres si malheureux !!! Enfin à force de peine, nous arrivons
au gourbi de repos. Ce n'est pas tout, nous sommes mouillés, pleins
de boue, méconnaissables, et il faut partir à 1h du matin pour chercher
les soupes, il faut y aller, on n'aimerait autant pas manger que d'aller
chercher le ravitaillement, dans une situation aussi pénible et pour
chercher si peu. Pauvre mère, si tu voyais ton fils. Enfin dans 5 à
6h , il va falloir partir pour la soupe.
3/11 : Corvée de soupe.
4/11 : Relève, et pas trop tôt, arrivons à NOYELLETTE (10-A1)
(62).
5-6/11 : Repos.
7/11 : Je suis de service au poste de police.
8/11 : De service je suis relevé ce soir à 6h. Le temps est
au beau, mais les nuits sont froides, le matin il y a une gelée blanche.
9/11 : Repos. Nous devions partir, c'est retardé, peut être
que nous allons faire 9 jours de repos, comme d'habitude. Quel vent
ce soir je crois qu'il va pleuvoir.
10/11 : La nuit a été terrible ; Il a plu toute la nuit,
grêle et nuit. Pauvres copains qui sont dans les tranchées. On devait
avoir revue du Général et il n'est pas venu. Il pleut. Demain nous montons
aux tranchées, dure relève.
11/11 : Départ de NOYELLETTE (10-A1) (62) à 3h 1 /2, il ne
pleut pas, heureusement la relève se fait. Aussitôt corvée pour nettoyer
les boyaux qui sont dans un état lamentable.
12/11 : 1h1/2 : Corvée de soupe, il pleut, Après corvée,
nettoyage, il pleut toujours.
13/11 : Corvée de soupe, nous montons en première ligne au
point 10, on peut à peine marcher, boue sur boue, les boyaux ne tiennent
plus et s'écroulent facilement. A force de peine nous arrivons, mais
il faut voir dans quel état. Il y a un petit gourbi pour 2, nous sommes
5. Il fait un vent, et la pluie en même temps, la nuit arrive, il fait
froid.
14/11 :5h du matin : Le 2ème bataillon est attaqué
ainsi que le 78ème, c'est un combat à la grenade. Les
Boches nous ont pris 2 entonnoirs et une tranchée, plus 2 au
78ème . Les obus pleuvent sur nous et tombent bien près.
Il fait froid pendant toute la journée, les Boches ont bombardé
à la nuit, nous avons contre attaqué, et nous avons
repris tout ce qu'ils nous avaient pris (non sans peine et sans perte)
Pendant toute la nuit il y a eu bombardement. Le petit jour : Les Boches
vont-ils faire comme hier ?
15/11 : Vers 3h : petit combat à la grenade mais vite arrêté.
Le jour arrive, la relève arrive et pas trop tôt, vraiment les 2 jours
ont été pénibles. La nuit a été très froide et il a gelé dur. Arrivons
au gourbi de repos(bien sale). Aujourd'hui il fait assez beau, le soleil
se fait paraître (il irait pour geler cette nuit) A 3h, grand bombardement
de notre part ( mais vite repoussé par les Boches). C'est le 78ème qui
contre attaque pour reprendre ce que les Boches lui ont pris. 4h : Tout
est repris, la nuit arrive, que va t-il se passer ? Tiraillements, voici
le petit jour.
16/11 : 1h1/2 : Corvée de soupe. Après, nettoyage des boyaux.
17/11 : Corvée de soupe, va t-on être relevé ?? la nuit arrive,
les Boches nous ont écrasé une pièce, et cassé le trépied d'une autre,
2 blessés (heureusement pas de mort)
18/11 : Corvée de soupe. Comme nous ne sommes pas relevés,
nous allons relever, vers 10h. Les Boches nous bombardent tellement
près de nous, qu'il a fallu évacuer soit en appuyant à droite, il était
temps, 3 marmites sont tombées à 2 mètres de la pièce et a coupé la
tranchée à 2 endroits. La nuit arrive, il faut faire un autre emplacement,
car celui-ci est intenable. On travaille une partie de la nuit. Il pleut,
nous sommes sales.
19/11 : Il paraît que nous sommes relevés ce soir ou demain
matin, et vivement, car voici 9 jours pénibles. Voici la nuit.
20/11 : 4h du matin : Alerte, les Boches doivent attaquer,
7h 1/2 , voici la relève et menons (bonne relève) Arrivons à NOYELLETTE
(10-A1) (62).
21/11 : Repos.
22/11 : Repos. Aujourd'hui nous nous sommes fait vacciner.
23/11 : Repos. Je suis allé à AVESNES (2-C4)
(62), me promener, j'ai acheté une pipe.
24-25-26-27/11 : Repos.
28/11 : Repos. Nous partons demain matin aux tranchées .
Quel vent, il gèle.
29/11 : 2h05 : Debout. Le vent s'est calmé, nous mangeons
la soupe, départ à 3h30. Il fait bon marcher, car il fait froid. Arrivons
à l'entrée du boyau montant. Il tombe des morceaux de neige Triste temps.
Relevons à 8h. Je vais en 1ère ligne. La journée dans son ensemble,
a été assez calme. A la tombée de la nuit : pluie qui n'est pas chaude,
la nuit arrive, la lune n'est pas encore levée, aussi il fait presque
noir. Tiraillements toute la nuit.
30/11 : Les boyaux sont combles et plein d'eau, quelle boue
! Voici la soupe. On vient de nous apporter une note de la Division
que les Allemands doivent attaquer notre front au moyen de gaz. Triste
relève. Enfin attendons. Journée de bombardement (marmites). Les tranchées
sont écroulées, il faut passer à découvert, la nuit arrive, il
fait noir, il pleut .
1/12 : Il pleut, nous sommes relevés pour aller à la soupe.
8h : Voici la relève, quelle boue ! Les Boches nous voient, car il faut
passer à découvert,arrivons au gourbi de repos. Journée assez
calme, la nuit arrive. Avant la nuit, il a fallu aller consolider un
abri de pièce que les obus avaient démoli. Quel sale travail (sale car
il y a un demi-mètre de boue) mais le plus , c'est que les Boches nous
tirent, il faut se cacher, enfin tout se fait, sans incident. Demain
: Corvée de soupe.
2/12 : Journée de bombardement, les Allemands nous ont écrasé
l'abri de pièce (la pièce n'a eu rien, le trépied a eu le pied tordu)
Enfin il vaut mieux que se soit la pièce que les hommes. La nuit arrive,
mais les Boches battent toujours les tranchées. Je crois qu'ils préparent
une grosse attaque. Demain corvée de soupe à 1h ½ , puis il faut aller
en ligne.
3/12 : Corvée de soupe, il pleut. La boue monte aux genoux,
arrivons, 7h : Nous montons en ligne, il pleut toujours, les tranchées
sont intenables, il n'y a que boue sur boue. Vraiment nous sommes trop
à faible, si le temps reste 15 jours comme ça, nous serons à découvert.
Voici la nuit, il pleut toujours, les hommes ne sont plus que des masses
de boue.
4/12 : Toujours le même temps, l'eau rentre dans notre gourbi,
il faut vivement sortir pour l'arrêter. Si l'on fait 9 jours, jamais
nous ne pourrons tenir. La nuit arrive.
5/12 : Quel temps ! il pleut toujours, nous sommes relevés
ce soir, jamais nous ne pourrons sortir des boyaux. 7 sont morts dans
les boyaux enfoncés sous la boue, etc.. etc.. Voici la relève. La boue
me monte aux genoux , je n'en peux plus, il faut donc mourir, il faut
avoir tué père et mère pour rester dans une situation pareille : où
il fallait 15 minutes, il faut 2h et encore. Nombreux sont restés dans
la boue, morts impossible de les sortir, c'est terrible, c'est affreux.
Arrivons tout de même au gourbi de repos, mais il faut repartir à 2h.
6/12 : Nous repartons à 5h, arrivons à ETRUN (10-B1)
(62) à 9h. 10h : Les Boches bombardent.
7/12 : Repos. Il pleut toujours.
8/12 : Nous partons ce soir aux tranchées. Dure relève, faut
il souffrir avant de mourir ! Départ 4h, relève dans la nuit, arrivons
aux boyaux des choux. Il faut passer à découvert(sur le glacis), gare
aux balles. A bout de peine, nous arrivons, la boue jusqu'aux genoux.
9/12 : Nous sommes au bagne : l'eau jusqu'aux genoux, dire
qu'il faut rester 4 jours dans cette situation, il pleut, vraiment que
faut il faire ? La nuit arrive. Pendant toute sa durée, il faut enlever
l'eau avec une pelle, sans, alors on se noierait.
10/12 : Il pleut toujours, si les Boches viennent, nous sommes
perdus : Les fusils sont in serviables.
11/12 : Voici le jour, l'eau est dans le gourbi, qui lui
même s'écroule, il faut vivement sortir ou nous serions perdus, faut-il
souffrir tout de même ? STUPEFACTION : Tous les boches sont sortis,
nous nous parlons ensemble, eux aussi sont dans l'eau, pas une balle,
pas un obus. Le calme et la sérénité règnent. Vraiment se dire
: On est en guerre Kamarades (venez pendant 2 heures, c'est une conversation)
Pourquoi fait on la guerre ? 9h du matin, tout le monde disparaît, la
guerre recommence, tout siffle.
12/12 : Même chose qu'hier, tout le monde est sorti, Boches
et Français, c'est des rires, des clameurs, ce n'est plus la guerre.
10h : Les obus reprennent, la guerre reprend. Nous sommes relevés ce
soir, et pas trop l'être, car nous sommes couverts de boue. Inconnaissables,
plus que des forçats. 7h : Voici la relève, il faut encore passer à
decouvert, car les boyaux n'existent plus, ceux qui passent y restent
embourbés jusqu'au ventre. Quel malheur ! COCHONS, SALAUX, VACHES :
CEUX qui nous ont fait faire la guerre. C'est la misère qui nous y fait
rester. BANDE DE COCHONS. Enfin , à force et au péril de sa pauvre vie
nous arrivons.
13/12 : Repos. Je lave ma capote, voici la nuit, dire qu'il
y a 4 nuits que je ne dors pas, aussi comment je vais trouver le sommeil
bon ce soir.
14-15/12 : Repos.
16/12 : Repos, il fait froid.
17/12 : Repos, il pleut.
18/12 : Repos.
19/12 : Repos, demain départ pour les tranchées, les Boches
bombardent, je crois qu'ils préparent un sale coup.
20/12 : Repos.
21/12 : Je pars aux tranchées ce soir, il pleut, dans quel
état allons nous arriver ?
(FIN du carnet N° 3 :
Rose)
21/12/1915 : Départ pour les tranchées, il pleut, arrivons
au poste du colonel. MISERE, il faut aller au labyrinthe, le 63ème permute
avec le 107ème, pour se relever avec le 78ème et non avec le 138ème,
soit par brigade. Il pleut toujours, il faut passer à découvert, car
les boyaux sont pas possibles. J'ai cassé une soques , aussi j'ai un
pied dans la boue, enfin à force de peine et de temps, car porter les
pièces et les munitions, c'est un rude travail, arrivons à ce labyrinthe.
22/12 : STUPEFACTION : Les Boches et les Français sont sortis
et se causent entre eux et s'échangent du tabac, du pain, etc… C'est
une vraie foire. Pourquoi fait on la guerre ???
23/12 : Il pleut toujours, tout le monde est sur le terrain.
24/12 : Veille de se pauvre NOEL, tout ce passe bien tristement.
25/12 : NOEL. Quelques rayons de soleil, mais la pluie prend
le dessus. 26/12 : Nous sommes relevés ce soir (marmitage, et bien près
de nous) ; Voici la relève, je tombe dans la boue, je suis propre !
Arrivons à ETRUN (10-B1) (62).
27-28-29/12 : Repos ;
30/12 : repos, alerte contre les gaz.
31/12 : Je pars aux tranchées ce soir. Départ 4h, arrivons
8h : Alerte contre les gaz.