Entre 1914 et 1918, prés de 200.000 limougeauds seront mobilisés. Sur
ces 200.000 limougeauds, 45.000 n'en reviendront pas.
Comme tous leurs camarades de France tombés au champ d'honneur, ils
ont de par leur sacrifice suprême, tracé un profond sillon dans notre
mémoire collective.
Espérons que ce sillon fait de sang et de larmes ne se refermera jamais
sur le souvenir du sacrifice qu'ils ont consenti.
" Au 52e mois d'une
guerre sans précédent dans l'histoire, l'armée française, avec l'aide
de ses alliés, a consommé la défaite de l'ennemi "
Ce fut une explosion d'allégresse, quelque
chose de subit, d'impérieux, de formidable et de juvénile, une prodigieuse
détente de forces comprimées pendant des mois et des mois.
Nos hommes semblaient pris d'une joyeuse
folie : ils dansaient, sautaient, criaient chantaient à tue-tête éperdument.
Il faut avoir vécu ces heures inoubliables pour comprendre la griserie
que donne la victoire.
Source : J. Nouaillac sous-lieutenant
au 62e RI Le six-trois au feu - édition Charles-Lavauzelle 1919 p. 272.
- Proclamation du général Gouraud
commandant en chef de la 4e armée.
Soldats de la 4e Armée !
L'Armistice est signé, qui consacre la victoire de la France et de
ses alliées. Vous avez le droit de vous réjouir et d'être fiers, car
votre part y est grande.
Il y a quatre mois, l'ennemi, rempli d'orgueil et de confiance, attaquait
avec 15 divisions délite pour cette grande offensive qu'il a appelé
"l'offensive de la paix " et qui en faisant tomber Reims, chalons et
Verdun, devait le mener à Paris.
Le 15 juillet, vous avez brisé net sa force et ses espoirs et, ce jour-là,
la victoire a changé de camps.
Elle vous est restée fidèle.
Le 26 septembre, vous avez enlevé, dans un élan magnifique, ce terrible
front de Champagne avec ses buttes, ses Abris bétonnés, ses 12 kilomètres
de fil de fer. Jusqu'au 10 octobre, vous avez combattu, gagnant chaque
jour du terrain malgré les mitrailleuses et obligé l'ennemi épuisé à
battre en retraite. Et le 12 vous étiez au bord de l'Aisne, ayant, pendant
ces dix-sept jours de bataille, délivré le sol de France sur une profondeur
de plus de 30 kilomètres. Libéré 80 villages, fait plus de 21.000 prisonniers,
enlevé 600 canons, 2000 minenwerfer et 3.500 mitrailleuses.
L'Aisne débordée sur une largeur de plus d'un kilomètre, le rempart
boisé de l'Argonne formait alors devant vous un redoutable obstacle.
Il ne vous a pas résisté.
Dès le 18 octobre, vous enleviez une tête de pont près de Vouziers
; vous la conserviez contre toutes les contre-attaques.
Et le 1er novembre, attaquant avec la 1er armée américaine, vous acheviez
de nettoyer l'Argonne. Alors infatigables, portés par les ailes de la
victoire, vous avez tous les jours poussé l'ennemi en retraite, et le
8, vous êtes entrés les premiers dans les faubourgs de Sedan et le 9
dans Mézières.
Ainsi, par son dernier fait d'armes dans cette longue et terrible
guerre, la 4e armée a eu l'honneur d'effacer la tache qui, depuis quarante-huit
ans, s'attachait à Sedan et de changer ce souvenir de deuil en un nom
de gloire. 13 novembre 1918 Signé : Gouraud