
Mercredi 22 mai 1918
Coup de main rapide de la 5e compagnie sur la zone des tranchées
adverses, tranchées des Vandales et abris du boyau Von Shubert.
Lundi 27 mai 1918
Nouvelle avalanche d'obus incendiaires sur Reims et raids effectués
sur tout le secteur par des escadrilles ennemies qui volent groupées
comme les oies sauvages.
Mercredi 29 mai 1918
Sur ordre, le 63e se replit de 200 à 500 mètres en arrière
de la première ligne. Le 2e bataillon est engagé à l'Ouest de
Reims, il a été mis à la disposition du 22e colonial pour tenir le secteur
pont de Saint-brice, Thillois, mont Saint-Pierre

Jeudi 30 mai 1918
L'ennemi attaque sur tout le front. L'ordre est donné au 2e bataillon
de tenir coûte que coûte la position du mont Saint-Pierre.
11h :00 heures, les Allemands reviennent à la charge et malgré le
feu nourrit qui les accueillent, ils arrivent à atteindre les lignes
françaises. Le 63e contre-attaque aussitôt pour essayer de repousser
l'assaut mais la situation devient critique. le bataillon entend des
balles lui siffler dans le dos, il a été débordé et le mont Saint-Pierre
a été tourné, s'il ne veut pas être entièrement encerclé, plus une minute
à perdre, il faut se dégager baïonnette au canon en courant de
toutes ses jambes vers la ligne de repli qui se trouve à 200 mètres
sur la Crète.
Une course contre la montre, contre la mort s'engage, des hommes
tombent en cours de route foudroyés à bout portant ou happés par des
groupes de boches en embuscade. La vigueur du mouvement a surpris les
Allemands, la majeure partie du bataillon a pu se dégager sans trop
de casse et regagner le centre de résistance.
Les pertes s'élèvent à 14 tués, 39 blessés 40 disparus. En outre,
20 soldats de la 7e compagnie ont été faits prisonniers.

Vendredi 31 mai 1918
L'attaque générale contre Reims est engagée, les Allemands veulent
absolument faire sauter le verrou ; de puissants moyens sont engagés,
ils arrivent à s'emparer d'une partie du secteur de la Pompelle mais
ne peuvent s'y retrancher. Une puissante contre-attaque française les
rejettent dans leur ligne.

Du samedi 1 au mercredi 12
juin 1918
Les coups de mains succèdent aux coups de mains, coups de mains
parfois heureux, mais, toujours hasardeux
(Extrait
du JMO)
Un mot de journaliste s'est tout de suite
répandu. Marcel Hutin a écrit : " Reims défendu par des as, est imprenable.
" Alors nous disons tous : " C'est nous, les as ". Cependant on lui
en veut un peu de ne nommer que les coloniaux ; comment ce critique
militaire si bien informé, si prodigue de tuyaux et de sous-entendus,
peut-il oublier les fantassins de la 134e division .
Source: J.Nouaillac sous-lieutenant au
63e RI Le six-trois au feu édition Charles-Lavauzelle 1919 Page 233

Mardi 18 juin 1918
Terrible préparation d'artillerie sur toute la ligne, les Allemands
veulent en finir une fois pour toutes, ils y mettent le prix et les
moyens. Le front devient un ouragan de feu de fer et de gaz.(Extrait
du JMO)
La grosse artillerie qui doit crever les
caves, commence à frapper à coups de marteau gigantesques sur la carapace
de Pommery. Cette fois, la grande partie est engagée : l'ennemi veut
enlever Reims... Qu'il y vienne ! - Les 305 démolissent avec un fracas
de tonnerre les superstructures de Pommery et des maisons des alentours.
-
source : J.Nouaillac sous-lieutenant au
63e RI Le six-trois au feu édition Charles-Lavauzelle 1919 page 233.
- 6 h 50 Un obus de 150 percé l'abri du PC du commandant
Dégremont mais, par chance, n'explose pas.
- 9 h 00 Le tir s'allonge , les sections
d'assaut boches s'élancent à terrain découvert, ils sont persuadés
que le terrain a été nettoyé et que toute la défense a été écrasée
sous le feu qui a dévasté le sommet et les alentours de la butte Pommery.
A la vue des premières silhouettes de Boches se découpant sur l'horizon,
toutes les armes du 63e, fusils, fusils-mitrailleurs, mitrailleuses
engins de tranchée et grenades entrent en action, la pétarade des
petits calibres se noyant dans ceux des gros Sur le point d'être débordée
la 3e compagnie fléchit mais arrive à résister sur une nouvelle position
à 100 mètres en arrière de la première et après s'être ressaisit,
repart aussitôt à la contre attaque de la position qu'elle a du abandonner.
- 10 h 00 Après plusieurs assauts meurtriers les troupes allemandes
battent en retraite en laissant de nombreux cadavres sur le terrain.

Mercredi 19 juin 1918
Dans la tranchée Beaudricourt et le boyau Domremy qu'ils défendaient,
40 hommes de la 11e compagnie ont été gravement touchés ; ils ont eu
les yeux brûlés par les gaz, et sont devenu aveugles.
Dimanche 14 juillet 1918
Une citation à l'ordre de l'armée est dédiée au 63e régiment d'infanterie
pour les vaillants combats qu'il a livrés et la contribution qu'il a
apportée à la défense de Reims.

Fin juillet :
Des tirailleurs sénégalais sont affectés au 63e, ils forment, avec
des éléments de la première compagnie, un amalgame qui devient le 4e
bataillon du régiment.
Samedi 3 août 1918
Un nouveau audacieux coup de main permet de reprendre le contrôle
du boyau du CBR (CBR : Chemin de fer de la Banlieue Rémoise )(Extrait
du JMO)

Mardi 6 août 1918
Une action en commun est menée avec les poilus du 100e RI dans le
secteur de la Neuvillette.
Lundi 12 août 1918
Les Allemands ne se résignent pas à la perte du boyau du CBR. Dans
la nuit du 12 au 13, le boyau reçoit une avalanche de minens et une
attaque au gaz. 4 tués et 32 intoxiqués.

Samedi 17 août 1918
Nouvelle action brusquée des allemands sur la tranchée de Bourgogne.
La 11e compagnie contre attaque vigoureusement à la grenade et repousse
sans trop de pertes (3 tués, 9 blessés) l'assaut Boche.
Dimanche 18 août 1918
Reims continu d'être bombardé par des obus de tous calibres, rien
que pour la journée du 18, 150 fusants sont tirés dans la direction
de la cathédrale. (Extrait
du JMO)
Les têtes de saints et des anges volent
sur le parvis, les colonnettes des tours se brisent et les voûtes du
chœur s'écroulent par larges pans. Le général Hilaire envoie Nouaillac
sur les lieux de ce grand crime contre l'art, contre l'histoire nationale
et contre Dieu, Celui-ci arrive à mettre à l'abri une vingtaine de têtes.
Source : J.Nouaillac sous-lieutenant au
63e RI Le six-trois au feu édition Charles-Lavauzelle 1919 page 245

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Un petit morceau de la rosace de la cathédrale
de Reims ramassé sur place et conservé précieusement par le sergent
E. Pasturaud.
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Dimanche 25 août 1918
Dans la nuit du 25 au 26 le régiment est relevé et quitte pour
toujours le secteur de Reims.(Extrait
du JMO)